Château de Tancarville

L' histoire du château de Tancarville,

Les seigneurs de Tancarville n' apparaissent qu' au début du XIème siècle avec Raoul, chambellan héréditaire de Normandie ; cette famille joua un rôle considérable tout au long des XIème et XIIème siècle. Vers 1316, la seignerie passa par mariage à la famille des vicomtes de Melun ; en 1352, elle fut érigée en comté. Une phase importante de réparations et reconstruction commença dans le dernier tiers du XIVème siècle, sous Jean II puis Guillaume IV de Melun. En 1415, le comté passa par mariage à la famille d' Harcourt ; le château fut pris par les Anglais en 1419. Il ne réintégra qu' en 1449 le patrimoine de son possesseur légitime, Guillaume d' Harcourt, qui aima y séjourner de 1460 jusqu' à sa mort en 1487, et y fit exécuter des travaux importants. En 1488, le comté entra, par héritage, dans la maison d' Orléans-Longueville. Dès lors, le château n' eut plus qu' un rôle secondaire au sein des possessions des ducs ; ceci ne l' empêcha pas de soutenir plusieurs sièges dans la seconde moitié du XVIème siècle. Le dernier avatar fut la vente du château au comte d' Evreux, en 1706 : ce dernier construisit une aile neuve dominant la Seine. A peine construit, le château est revendu en 1718 au financier Law, puis en 1725 au duc de Montmorency-Luxembourg. La Révolution acheva sa ruine.

Description

Le château est implanté sur un éperon triangulaire dominant la Seine par une falaise, séparé du plateau par un profond et large fossé. La défense primitive en fut assurée par une énorme motte implantée au Sud Ouest dominant largement la grande cour triangulaire. A l'autre extémité du front Sud, regardant le Seine, fut érigée une grosse tour carrée ; c' est au revers de ce front, de la motte à la tour carrée, que furent élevés l' ensemble des logis, alors que la cour était réservée aux fonctions utilitaires et domestiques.

Fichier:Blason ville fr Tancarville (Seine-Maritime).svg

Le front Ouest : le front Ouest, est flanqué à son extrémité par la tour de l'Aigle, au plan curieux formé par un bec en amende raccordé à un volume cylindrique. Elle est pourvue de canonnières à orifice circulaire et fente supérieure.

Le portail est un édifice composite, formé par une tour-porte romane à herse flanquée en 1473-1478 par deux tours semi-circulaires à meurtrières à double croisillon chanfreinées, destinées au tir d' arquebuse. Plus au Sud, une petite tourelle basse intercalée entre le portail et la tour du Lion semble être un moineau du XVème siècle. Le mur qui suit a été entièrement reconstruit au XVème siècle, et flanqué par une massive tour à canon semi-circulaire, de 16 m de diamètre, bâtie dans les années 1480 : ses canonnières ont été élargies en fenêtres. Une dernière tourelle flanque ce front, collée à la Grosse Tour, comme le moineau ci-dessus.

La Grosse Tour et la porte de Cocquesart

L'élément le plus spectaculaire est constitué par la Grosse Tour, curieux édifice polygonal à éperon qui s' élevait primitivement aux deux tiers de sa hauteur actuelle ; il était pourvu à sa base d' archères très longues, à étrier en rame, séparées en trois par deux pierres intercalaires, d' inspiration XIIIème siècle. En 1410-1412, il fut surélevé, pourvu d' une voûte d' ogives au sommet et d' une terrasse à mâchicoulis ; sa façade intérieur fut reconstruite et percée de grandes fenêtres à croisées. Une grande vis lui fut accolée au Sud Ouest ; elle dut être dès 1410, renforcée par un contrefort, ce qui n' a pas empêché sa chute.

Dès le début du XIVème siècle existait une porte de ce côté ; elle fut reconstruite en même temps, pourvue d' un pont-levis charretier à flèches, et flanquée par une petite tourelle carrée à mâchicoulis et archères. Elle était précédée par une barbacane boulevard qui fut entièrement reconstruite en 1467-1468 ; cet ouvrage avait un plan en amende, raccordé par deux murs à la porte primitive.

Le front Sud et la résidence

Il est flanqué par une tour semi-circulaire, la tour Collecte, bâtie en même temps que la grande salle vers 1468, en remplacement d' une tourelle placée plus à l' Ouest dont subsiste la souche ; elle possède des meurtrières identiques à celles des tours du portail.

Enfin, à l' Est, en bordure de la falaise, est la tour Carrée, tour-résidence abondamment percée de fenêtres à croisée, qui date du XIIème siècle, mais a été percée de nouvelles fenêtres à croisée des années 1360.

Cette tour constituait le premier élément de la résidence, dont demeurent aujourd' hui les ruines éventrées. On y remarque la grande salle, construite en 1468 par Guillaume d' Harcourt, avec de monumentales cheminées, et les arcades de la galerie inférieure de la "chambre des Chevaliers" bâtie en 1410, avec une autre belle cheminée.

Intérêt

Tancarville constitue un ensemble remarquable, combinant défense et résidence avec des solutions souvent originales, tant dans les plans des ouvrages, que dans les éléments défensifs, archères et canonnières.

 

Contact : Les amis du Château de Tancarville

 

 

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