Henri II de Plantagenêt

 

Henri II d'Angleterre (5 mars 1133 - 6 juillet 1189), comte d'Anjou, du Maine et de Touraine, duc de Normandie, roi d'Angleterre (1154-1189), dit parfois Henri Court-manteau (Curtmantle) à cause du vêtement court et pratique qu'il affectionnait. Il est le premier roi de la dynastie des Plantagenêts et de leur empire.

D'une force peu commune, perpétuellement en mouvement et très cultivé, Henri II passa sa vie à rétablir les droits acquis du temps de son grand-père maternel Henri Ier d'Angleterre et à maintenir son héritage territorial.

Sa vie

Il naît au Mans, dans le comté du Maine, domaine de son père, Geoffroy V le Bel dit Plantagenêt. Sa mère, Mathilde dite l'« Emperesse », est la fille du roi Henri Ier d'Angleterre et son héritière désignée, mais son cousin, Étienne de Blois, comte de Boulogne s'empare du trône d'Angleterre à la mort du roi Henri Ier d'Angleterre en 1135.

En 1150, il reçoit le duché de Normandie de son père, et quand celui-ci meurt en 1151, il devient comte d'Anjou et du Maine.

Le 18 mai 1152, il épouse Aliénor d'Aquitaine à Poitiers après le constat de nullité du mariage de celle-ci avec le roi de France Louis VII le Jeune au concile de Beaugency. Elle a trente ans, lui dix-neuf. Il a plusieurs enfants de son mariage avec Aliénor d'Aquitaine.
Quelques jours plus tard, il fait escale au sanctuaire de Rocamadour. Séduit par la beauté du lieu, il fera construire une chapelle portant le nom de Notre-Dame de Rocamadour lorsqu'il rentrera sur ses terres. Cette chapelle est aujourd'hui située dans le port de Camaret-sur-Mer, en Bretagne.

Le 6 novembre 1153, par le traité de Wallingford, il est reconnu comme successeur du roi Étienne d'Angleterre. Quand ce dernier meurt le 25 octobre 1154, il accède au trône d'Angleterre sous le nom d'Henri II. Le dimanche 19 décembre suivant, il est couronné à l'abbaye de Westminster.
Il introduit quelques réformes religieuses et légales. En 1155, il nomme Thomas Becket chancelier.

En 1156, il s'empare de la vicomté de Thouars et prend possession du Comté de Nantes qu'il annexe à l'Anjou jusqu'à sa mort. Henri II maîtrise ainsi les communications entre le nord-ouest et le sud-ouest de la France.

En 1159, poursuivant une politique expansionniste, il assiège Toulouse avec l'aide de Raimond Berenger IV comte de Barcelone et prince d'Aragon. Louis VII vient au secours de Raymond V de Toulouse son beau-frère. Henri II se retire en annexant une partie du Quercy et Cahors.

En 1172, au synode de Cashel, Henri II force l'Irlande à se soumettre à l'autorité de l'Église catholique romaine et met fin aux pratiques d'un christianisme celtique.


Deux affaires vont considérablement ternir son règne :

Le conflit avec son ancien chancelier Thomas Becket. Ce dernier s'oppose à l'abolition de privilèges ecclésiastiques, notamment judiciaires, et à l'emprise plus importante du roi sur l'Église d'Angleterre. L'assassinat de l'archevêque, dans sa cathédrale de Cantorbéry, en 1170, par des chevaliers pensant ainsi faire plaisir au roi, entame grandement l'autorité royale. En expiation de cet assassinat, Henri II demandera à son sénéchal d'Anjou, Étienne de Marsay, de faire édifier un hôtel-Dieu à Angers qui deviendra l'ancien hôpital Saint-Jean.
Le partage de son considérable territoire entre ses fils. Impatients d'hériter, ses fils se révoltent contre lui avec l'aide de leur mère, du roi de France, du roi d'Écosse Guillaume le Lion et des comtes de Blois, de Boulogne et de Flandre. Il emprisonne Guillaume le Lion après sa défaite en 1174 à la bataille de Alnwick. Son épouse est également soumise à une longue captivité.
Son prestige devient considérable en Europe. Le nouveau roi de France, Philippe Auguste est en revanche bien décidé à combattre Henri II dont l'immense territoire menace le royaume capétien. Le roi de France obtient dans son combat l'appui des deux fils de Henri II, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. Par le traité d'Azay-le-Rideau du 4 juillet 1189, Henri II doit reconnaître son fils Richard comme seul héritier. Il meurt seul quelques jours plus tard dans son château de Chinon. Il est inhumé à l'abbaye de Fontevrault.

Personnalité
L'enfance d'Henri II se déroule dans une atmosphère de guerre civile en raison de la lutte de ses parents pour récupérer leur héritage usurpé par Étienne de Blois. D'une force physique considérable, ses colères sont redoutables, et il adore la chasse. Très impulsif, il ne se soumet à aucun emploi du temps. Il s'habille simplement, souvent en chasseur avec un faucon au poignet. Étonnamment, Henri II est un homme très cultivé. Il parle plusieurs langues, aime se retirer pour lire, prend plaisir à des discussions intellectuelles. Il n'en reste pas moins très abordable.

Héritage
Henri II perfectionne l'administration de son royaume. Il s'entoure de conseillers flamands, normands, poitevins, anglais. Son pouvoir est renforcé par l'onction de l'Église. Au sommet de l'État, se distinguent la Cour (Curia Regis), composée des grands vassaux laïques et ecclésiastiques, et les grands offices aux fonctions précises (Chancellerie, Échiquier et Trésorerie). La Chancellerie a la responsabilité de la rédaction de tous les diplômes royaux (Act). L'Échiquier, devant lequel les shérifs viennent déposer leurs comptes, se scinde sous Henri II en un Bas-Echiquier, ou Trésorerie, chargé de l'administration courante, et un Haut-Echiquier, faisant office de chambre des Comptes. Enfin, le Banc du Roi, bientôt secondé de la Cour des Plaids Communs, rend la justice au nom du souverain. À sa tête, le Grand Justicier remplace le roi pendant ses absences. Un droit anglais, unique et centralisé, s'affirme sur les coutumes locales (common law).

Famille et descendance
Le 18 mai 1152 à Poitiers, il épouse Aliénor d'Aquitaine qui lui donne huit enfants :

Guillaume Plantagenêt (17 août 1153 - 1156) ;
Henri dit Henri le jeune roi (1155-1183), épouse Marguerite de France, fille du roi de France, Louis VII ;
Mathilde (1156-1189), épouse Henri le Lion († 1195), duc de Saxe et de Bavière en 1168 ;
Richard (1157- 1199), qui succède à son père sous le nom de Richard Ier, et surnommé Cœur de Lion. En 1191, il épouse Bérengère (1163 - 1230), fille du roi de Navarre Sanche VI ;
Geoffroy (1158-1186), duc de Bretagne. En 1181, il épouse Constance de Richemont († 1201) ;
Aliénor (1161-1214). En 1177, elle épouse Alphonse VIII de Castille (1155 - 1214) ;
Jeanne (1165-1199), épouse Guillaume II roi de Sicile, puis Raymond VI comte de Toulouse. Veuve une seconde fois, elle devient abbesse à Fontevraud ;
Jean dit Jean sans Terre (1166-1216), roi d'Angleterre (1199-1216). En 1189, il épouse Isabelle († 1217), fille du duc de Gloucester, divorce en 1200, puis épouse Isabelle (1188-1246), fille du comte d'Angoulême, en 1200.
Henri eut aussi des enfants illégitimes. Il eut une liaison notoire avec Rosemonde Clifford, la belle Rosemonde, qui débuta probablement vers 1165, durant une de ses campagnes galloises, et continua jusqu'à la mort de celle-ci en 1176. Henri ne la reconnut pas comme maîtresse avant 1174, c'est-à-dire au moment où il emprisonna sa femme. C'est à cette époque qu'il négocia pour faire annuler son mariage afin d'épouser Adèle, fille de Louis VII, qui était déjà promise à son fils Richard. Adèle aurait donné naissance à un fils illégitime d'Henri[réf. nécessaire], au contraire de Rosemonde.

Il eut aussi quelques enfants illégitimes de diverses maîtresses, et sa femme éleva plusieurs de ces enfants dans la nurserie royale, en compagnie de ses propres enfants. Certains restèrent dans la proximité de la famille royale à l'âge adulte. Parmi eux :

Geoffroy (1151-1212), évêque de Lincoln (1173-1181), chancelier d'Angleterre (1181-1189), puis archevêque d'York (1189-1212), fils d'Ikenai  ;
Guillaume de Longue-Épée (1176-1226), 3e comte de Salisbury en droit de sa femme  ;
Morgan (après 1180 - après 1213), élu évêque de Durham en 1213, mais le pape Innocent III refusa de le consacrer à cause de son illégitimité. Fils de Nesta.

 

 

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