Etretat (Dpt.76)

 

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Vue d' Etretat virtuel

http://www.etretat.net/office_de_tourisme_etretat/visites/visites.html

 

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Étretat est une commune du département de la Seine-Maritime, dans la région Haute-Normandie, en France.

Naguère modeste village de pêcheurs, Étretat est devenue une station balnéaire de renom. Elle se trouve au nord du Havre en Normandie, sur le littoral de la Manche en pays de Caux. L'aspect extraordinaire et monumental de ses falaises de craie blanche presque immaculée et ses plages de galets grisâtres en ont fait un des lieux incontournables du tourisme international. Des peintres comme Gustave Courbet, Eugène Boudin ou Claude Monet ont beaucoup contribué à sa publicité, en en immortalisant la spécificité. Des écrivains comme Gustave Flaubert et Guy de Maupassant ont été des fidèles du lieu tandis que Maurice Leblanc, dans une aventure d'Arsène Lupin intitulée L'Aiguille creuse, va contribuer au mythe entourant le site.

Le site des falaises d'Étretat est classé dans le programme des Opérations Grands Sites (OGS), piloté par le ministère de l'écologie et du développement durable.

Les falaises d'Étretat sont constituées de calcaire du crétacé, c'est-à-dire de la craie, et non pas du Jurassique comme celles du Calvados qui est un calcaire oolithique de teinte plus jaune. On y distingue des strates régulières de silex, ce qui explique la présence de galets sur la plage. En effet, suite à l'effondrement de pans de falaise, le calcaire et le silex se trouvent au contact de l'eau de mer qui dissout le calcaire et l'action des vagues polit le silex pour en faire des galets. À noter également l'absence de grès au contraire du nord du département de Seine-Maritime, aux environs de Dieppe, où la côte est moins élevée. Plus au nord, vers le Tréport, aux confins de la Normandie et de la Picardie, se trouvent les plus hautes falaises de calcaire qui peuvent atteindre 110 m (90 m à Étretat). Au pied des falaises, on constate la présence d'éboulis qui proviennent de la chute de pans entiers de roche calcaire. En effet, l'eau de pluie s'infiltre dans la calcaire poreux et mine la roche, l'action du gel pouvant s'ajouter à ce phénomène destructeur. Comparativement, bien que sa responsabilité soit également établie dans le processus de destruction des falaises en en érodant la base, l'action de la mer est moindre.

L'existence de trois arches successives: la porte d'Amont, la porte d'Aval et la Manneporte n'est pas liée à l'origine à l'érosion marine, mais à l'action d'une rivière côtière parallèle à la plage qui a creusé son lit dans la falaise avant le recul de celle-ci, matérialisé par l'« aiguille » d'un calcaire plus dur qui a empêché sa dissolution définitive, d'où cette extraordinaire création de la nature. Ensuite, la mer a élargi les arches, donnant au site l'aspect qu'on lui connait aujourd'hui.

Histoire

D'après des découvertes archéologiques, l'occupation humaine du site remonterait à l'Antiquité. Cependant, on ignore tout des détails de la vie et du rôle tenu historiquement par le village, et même son nom ancien. L'activité a toujours dû être liée à la pêche, avant le développement du village en tant que station balnéaire au XIXe siècle et la disparition des pêcheurs à la fin du XXe siècle.

Une vieille légende attribue la fondation du village à des vikings, qui surgissant de leur esnèque (drakkar), auraient tenté d'abuser d'une Dame Olive, une sainte femme fort riche, qui avait coutume de se baigner ou de laver son linge dans la fontaine au pied d'un rocher. Le nom de « Fontaine Olive » a subsisté pour désigner sur la plage, une source devenue sous-marine par le recul du littoral et matérialisée par une enceinte carrée d'époque antique.

Les origines

Agglomération secondaire dans l'Antiquité, Étretat était reliée à Jvliobona ou Iuliobona (Lillebonne) par une voie romaine. Plusieurs traces de ce passé gallo-romain ont été mises au jour : un aqueduc de trois kilomètres détruit dans la première moitié du XIXe siècle, des monnaies, des vases, une villa, un cimetière à incinération relativement modeste de cinq à six urnes en terre cuite accompagnées d'assiettes en terre rouge et de clous en fer, ensuite l'abbé Cochet a encore exhumé quatre nouvelles sépultures avec dix-huit vases. Comme ailleurs, ces objets et infrastructures caractéristiques de la civilisation romaine n'indiquent pas la présence de Romains, mais la conversion progressive des populations celtiques, en l'occurrence les Calètes, à la civilisation romaine perçue par les élites comme plus raffinée. En outre, on note qu'aucune tombe de militaire romain, ni de camp romain datant du Haut Empire n'a jamais été mis au jour par des archéologues dans le Nord-Ouest de la Gaule.

Dans le jardin du presbytère, un autre cimetière recouvrait des ruines d'époque romaine. Il date des Mérovingiens et regroupait, entre autres, des tombes de militaires, comme habituellement dans la région, qui ont livré : une spatha, des agrafes en bronze, des plaques de ceinturon, un scramasaxe. Une douzaine de squelettes, voire davantage était inhumée en position assise, comme à Londinières, Envermeu, Selzen près de Mayence, au Danemark et en Angleterre (Yorkshire, Northamptonshire). Postérieurement, on a déterré d'autres sépultures contenant des squelettes avec des silex au pied et du mobilier : trois breitsaxes, des boucles et des plaques en fer damasquinés, des épingles en os, etc. Le mobilier recueilli, la présence d'armes, la répartition géographique limitée de tels rites funéraires indiquent l'installation d'étrangers francs ou saxons dans la région, comme il a été analysé avec précision ailleurs, par exemple à Frénouville ou à Vron. On notera également que les Germains tout comme les Celtes, tendaient à la romanisation et à l'assimilation dans l'Empire.

Contrairement aux hypothèses anciennes formulées dans des ouvrages de référence, consacrés à l'histoire du lieu, le toponyme Étretat n'est ni gallo-romain, ni latin. Il s'agit vraisemblablement d'un nom d'origine norroise dans une région où leur densité est maximale en Normandie.

Formes anciennes : Strutat vers 1040; Estrutat ou Estrutart, constamment attestées du XIIe siècle au XVe siècle, les autres formes écrites (Estretot, Estretal, etc.) étant isolées, sont suspectes (erreurs de scribes, cacographies). Le premier élément se retrouve dans Eturville (Sturvilla 1165, Manche, Basse-Normandie), dans Etreville (Sturivilla v.1054, Esturvilla v. 1148), Eturqueraye (Eure, Haute-Normandie) et pas ailleurs en France et pour cause : Il s'agit du nom de personne masculin d'origine scandinave Styri « le têtu » ou Sturi « le grand » qui survit dans le nom de famille normand « Estur » encore attesté dans le pays de caux et qui a subi une métathèse de Estur- en Estru-, phénomène fréquent en phonétique. Le second élément est probablement le scandinave stadr « lieu, établissement ».

Gustave Courbet  - 1869

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Le XXe siècle

Si le site naturel d'Étretat reste inchangé, bien que la biodiversité et la qualité des eaux soient menacées, ce sont surtout les aménagements et l'atmosphère même du bourg qui ont subi une grande mutation au XXe siècle par rapport au siècle précédent, déjà prodigue en bouleversements. On peut situer ce tournant surtout après la Première Guerre mondiale. En effet, un grande partie de l'intelligentsia parisienne, des écrivains, artistes et hommes politiques qui le fréquentaient l'été, va déserter ce lieu de villégiature pour des cieux plus cléments et pour échapper au tourisme de masse. L'institution des congés payés va marquer, comme ailleurs le début d'une ère nouvelle. En cela, elle va permettre d'appliquer à la lettre les propos d'Alphonse Karr selon qui, s'il devait faire découvrir à un ami la mer, ce serait à Étretat.

La seconde guerre mondiale va mettre un frein à cette croissance du tourisme, favorisée en partie par de meilleurs conditions de vie et une plus grande facilité de transport. Le front de mer va être mutilé par l'occupant allemand, qui va jusqu'à détruire le casino et les villas pour améliorer la défense du site en cas de débarquement allié. Après la guerre, la façade maritime fait l'objet d'une reconstruction contestable.

De plus en plus, le lieu prend des allures de rendez-vous touristique international, stimulé par la célébrité des falaises popularisées par les toiles de Claude Monet, dont la cote n'a jamais été aussi élevée, et de Gustave Courbet. La proximité de Paris, du Havre et de Rouen, grâce aux moyens de transport modernes, ne sont pas étrangères au succès de l'endroit. Cependant, la « classe des estivants » subsiste toujours. Ces estivants sont des familles originaires le plus souvent de Paris et de sa région. Ils possèdent parfois une résidence à Étretat depuis plusieurs générations et les rapports avec les autochtones n'ont pas toujours été des plus cordiaux.

Le tourisme de masse engendre un véritable problème de cohabitation entre les piétons et les automobiles dans les rues étroites, au moment des week-ends en saison et des vacances d'été. Les autorités locales ont construit de grandes aires de stationnements visant à réduire le trafic en centre ville et à délester les zones saturées de véhicules. Elles sont situées rue Guy de Maupassant, près de la petite église protestante où s'est marié, notamment, André Gide, autre célébrité d'Étretat, et à côté de la résidence pour personnes agées Germaine Coty. Plus récemment un grand parking a été construit sur la route du Havre.

Dans les années 2000 se sont terminés les travaux de reconstruction et de consolidation de la digue-promenade, le perrey et du casino, qui a retrouvé un cachet perdu jadis.

La falaise d'Aval : l'Arche et l'Aiguille

Une rivière souterraine, puis l'érosion marine ont formé une arche naturelle et une aiguille haute de 70 mètres, morceau relique de la falaise. Maurice Leblanc la décrit en ces termes : « Roc énorme, haut de plus de quatre-vingts mètres, obélisque colossal, d'aplomb sur sa base de granit» dans L'Aiguille creuse, 1909. Guy de Maupassant quant-à-lui, compare cette porte d'Aval à un éléphant plongeant sa trompe dans l'eau.

À son époque déjà, le site attirait de nombreux touristes parmi lesquels des « lupinophiles », admirateurs d'Arsène Lupin : des étudiants américains venus chercher la clé de la grotte, où le « gentleman cambrioleur » avait retrouvé le trésor des rois de France. Le film Arsène Lupin de Jean-Paul Salomé, sorti en octobre 2004, offre de nombreuses vues sur la falaise et l'Aiguille.

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La Manneporte

De l'ancien français manne porte, « grande porte, porte principale », le mot man(ne) issu du latin magnu / a- « grand » connait curieusement une survie tardive dans les toponymes médiévaux (Manneville-la-Goupil, Manéglise, Mandeville). Elle est plus large que la porte d'Aval et est située derrière elle.

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La falaise d’Amont

La porte d'Amont est la plus petite des trois portes.

Au sommet de la falaise se dresse la silhouette de pierre de la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde, protectrice des pêcheurs. L'édifice actuel succède à une chapelle du XIXe siècle.

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Châteaux, manoirs et villas

Étretat compte plusieurs châteaux, manoirs ou villas remarquables:
  • Le Manoir de la Salamandre est une maison admirée des touristes et située dans la rue principale près de la halle, mais du côté opposé et dont on voit sur la photo ci-contre, le détail d'une lucarne. Elle fait partie des édifices les plus anciens d'Étretat, mais il s'agit d'un remontage. Cette maison, caractéristique d'une habitation citadine du pays d'Auge, se trouvait jadis à Lisieux, mais sous le nom de « maison Plantefor », le Manoir de la Salamandre était un autre logis de Lisieux.
Château des Aygues

  • Le Clos Lupin, situé rue Guy de Maupassant et à proximité de l'ancienne maison de ce dernier « la Guillette », est le cabinet de travail de Maurice Leblanc, un ermitage à colombages, entouré d'un jardin à la française. L'écrivain devait y résider plus de vingt ans et le racheta en 1918. Il le baptisa Le Clos Lupin, en hommage à son héros et aux fleurs, des lupins qu'il y avait planté. Il fut réquisitionné par les nazis. Vendu en 1952 puis racheté par Florence Boespflug, petite-fille de Maurice Leblanc, en 1998. Le manoir a été transformé en musée qui, depuis son ouverture entre 1999 et 2004, a attiré plus de 125 000 visiteurs.
  • Le château des Aygues fut la résidence balnéaire des reines d'Espagne Marie-Christine et Isabelle II. Il fut auparavant l'ancienne propriété du prince Joseph Lubomirski, grand chambellan du tsar Nicolas Ier de Russie et a été construit selon les plans de l'architecte havrais Huchon au XIXe siècle. Protégé ISMH, le bâtiment est ouvert au public l'été.

 

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