Honfleur (Dpt.14)

Vue d' Honfleur en virtuel

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Honfleur est une commune portuaire normande (département du Calvados) située sur la rive sud de l'estuaire de la Seine, en face du Havre, tout près du débouché du pont de Normandie. Ses 8 163 habitants sont les Honfleurais.

Elle est surtout connue pour son vieux port pittoresque, caractérisé par ses maisons aux façades recouvertes d'ardoises, et pour avoir été maintes fois représentée par des artistes, dont notamment Gustave Courbet, Eugène Boudin, Claude Monet et Johan Barthold Jongkind, formant l’École de Honfleur qui contribua à l'apparition du mouvement impressionniste.

L'église Sainte-Catherine, qui possède un clocher séparé de l'édifice principal, est la plus grande église en bois de France.

La commune est classée quatre fleurs au concours des villes et villages fleuris.

 

Étymologie

Mentions anciennes : Honneflo (1198), Honflue (1246), Honnefleu, encore au XVIIIe siècle.

Prononciation traditionnelle : [χonfieu] avec HR initial fortement expiré.

L'appellatif fleur, jadis fleu est assez commun en Normandie sous forme de terminaison (cf. Barfleur, Vittefleur, Harfleur, Crémanfleur, Fiquefleur et La Gerfleur). Son sens est donné par un document du XIIIe siècle mentionnant le fleu de Lestre, c'est à dire la rivière de Lestre, actuelle commune du Cotentin.

L'origine du terme fleu est discutée : norroise pour les uns, anglo-scandinave pour les autres et enfin anglo-saxonne pour les derniers.

Dans Barfleur qui est plus riche en formes anciennes, -fleur est attesté successivement sous les formes : -flueth (1066 - 77); -floth (1081 - 1087); -fluet (XIIe siècle); -flo (1160 - 1174); -flet (1200); -flue (1227); -flu (1359), puis -fleu, etc.

Le vieux norrois flóð « flux, marée, flot » (cf. islandais flóð, anglais flood, même sens) convient assez mal sur le plan phonétique et sémantique, même s'il s'est hypothétiquement croisé avec flói « fleuve qui se jette dans la mer ». Phonétiquement, cela n'explique pas les formes anciennes en -flet, -fluet, -fleth que l'on retrouve pour les autres noms en -fleur. Quant au vieil anglais flōd « flux, marée, flot » ( > anglais flood, même sens), il ne se justifie pas davantage pour des raisons analogues.

On doit sans doute leur préférer le vieil anglais flēot « ruisseau, estuaire, bras de mer », « run of water » (cf. anglais fleet) qui convient mieux, à la fois sur le plan phonétique que sur le plan sémantique. En effet, seule la diphtongue assez instable de l'anglo-saxon peut expliquer le flottement entre les formes flueth / fleth / floth au XIe siècle. À partir du XIIIe siècle, l'évolution en -flo / -flue, puis -fleu au XVe siècle va engendrer une confusion avec la prononciation dialectale du mot fleur, d'où cette réécriture « officielle » en -fleur.

On constate, comme pour d'autres appellatifs et toponymes de Normandie, une analogie avec les noms de lieux anglo-scandinaves d'Angleterre (Yorkshire notamment) qui se terminent par -fleet : Adingfleet; Marfleet, Ousefleet, etc.

L'élément Hon- serait issu, quant à lui, d'un nom de personne anglo-saxon Hona ou norrois Hunni que l'on retrouve tout à côté de Honfleur probablement dans Honnaville, homonyme de la Honneville à Saint-Georges-du-Mesnil.

La ressemblance avec le nom de la Baie de Húnaflói en Islande est sans doute fortuite.

Le gentilé des habitants de Honfleur : les « Honfleurais » n'est donc pas étymologique, alors que l'on nomme les habitants de Barfleur le plus souvent les « Barflotais ».

 

Histoire

La première mention écrite attestant l'existence de Honfleur émane de Richard III, duc de Normandie, en 1027. Il est également avéré qu'au milieu du XIIe siècle, la ville représentait un important port de transit des marchandises au départ de Rouen vers l'Angleterre.

Située au débouché de la Seine, un des principaux fleuves de France et au contact de la mer et appuyée sur un arrière-pays relativement riche, Honfleur bénéficiait d'une position stratégique qui s'est révélée à partir de la guerre de Cent Ans. Charles V fait fortifier la bourgade afin d'interdire l'estuaire de la Seine aux Anglais avec l'appui du port d'Harfleur, situé juste en face, de l'autre côté de l'estuaire, verrouillant du même coup l'entrée de la Seine aux navires ennemis. Honfleur fut cependant prise et occupée par le roi d'Angleterre en 1357, puis à nouveau de 1419 à 1450. En dehors de cette période, son port servit de base de départ à de multiples expéditions françaises partant saccager les côtes anglaises, avec notamment la destruction partielle de la ville de Sandwich, dans le comté de Kent dans les années 1450 après que les anglais eurent quitté la Normandie suite à la défaite de Formigny.

Après la fin de la guerre de Cent Ans et jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, Honfleur connaît une période de prospérité liée à la construction navale, au commerce maritime et aux expéditions lointaines. Cependant, de graves troubles vont éclater lors des guerres de religion dans la seconde partie du XVIe siècle. La ville est prise par Henri IV au début de 1590.

Dans le même temps la cité participera aussi au mouvement des grandes découvertes, avec notamment le départ en 1503 de Binot Paulmier de Gonneville de Honfleur jusqu'aux côtes du Brésil. Le Honfleurais Jehan Denis visitera le Labrador et Terre-Neuve dont il prendra possession au nom du Roi de France en 1506. Ces nombreuses expéditions feront du port un des tout premiers de France vers les Amériques et notamment les colonies françaises du Nouveau Continent, d'où les voyages répétés de Samuel de Champlain à partir d'ici, dont l'un aboutira à la fondation de la ville de Québec en 1608. Honfleur fut également une cité corsaire et un de ses fils, Jean Doublet s'illustrera dans la guerre de course.

À partir de cette période, le commerce de Honfleur prospère avec la multiplication des relations avec le Canada, la Louisiane, les Antilles, les côtes africaines et les Açores, faisant de la ville l'un des cinq principaux ports négriers de France. Cette époque voit la ville s'agrandir avec le démantèlement d'une partie de ses fortifications, devenues obsolètes, sur l'ordre de Colbert. Abraham Duquesne fait transformer le « hâvre du dedans », simple port d'échouage, en un véritable bassin à flot qui sera terminé en 1684, que l'on surnomme aujourd'hui le Vieux Bassin, et qui contribue à la réputation actuelle de la ville. Une partie de la richesse de la cité est assurée aussi par la Grande Pêche sur les bancs de Terre-Neuve, la pêche à la morue, et le commerce des peaux. D'autres marins honfleurais vont s'illustrer dans les guerres de la Révolution française et de l'Empire, il s'agit du capitaine de vaisseau Morel-Beaulieu et des contre-amiraux Hamelin et Motard.

La perte des colonies françaises d'Amérique, la concurrence avec le port du Havre, les guerres de la Révolution française et du Premier Empire, avec notamment le blocus continental, causent la ruine de Honfleur, qui ne se releva que partiellement au cours du XIXe siècle avec la reprise du commerce du bois en provenance du nord de l'Europe. Cet essor fut pourtant limité par l'ensablement du port, qui parvient cependant à fonctionner encore aujourd'hui. Cependant, il ne constitue plus actuellement qu'une annexe du port de Rouen, dont il est l'avant-port, en partenariat avec la chambre de commerce et d'industrie du Pays d'Auge.

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